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Tome second.
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POEMES SUR LES VICTOIRES DU ROI.

49 J

Et sur terre et sur mer reçu le digne prixDe l’infidélité qui nous avait surpris.

Enfin du grand Louis aux trois parts de la terreLe nom se faisait craindre à l’égal du tonnerre.L’Espagnol s’en émeut ; et gêné de remords,

Après de tels succès il craint pour tous ses bords,L’injure d’une paix à la fraude enchaînée,

Les dures pactions d’un royal hyménée,

Tremblent sous les raisons et la facilitéQu’aura de s’en venger un roi si redouté.

Louis s’en aperçoit, et tandis qu’il s’apprêteA joindre à tant de droits celui de la conquête,

Tour éblouir l’Espagne et son raisonnement,

Il tourne ses apprêts en divertissement;

E s’en fait un plaisir, où par un long préludeL’image de la guerre en affermit l’étude,

Et ses passe-temps même instruisant ses soldats^réparent un triomphe où l’on ne pense pas.

II se met à leur tête aux plus ardentes plaines,

Lait en se promenant leçon aux capitaines,

Se délasse à courir de quartier en quartier,

Endurcit et soi-même et les siens au métier, [gne,Les forme à ce qu’il faut que chacun cherche ou crai-nt par de feints combats apprend l’art qu’il enseigne.

Il leur montre à doubler leurs files et leurs rangs,A changer tôt de face aux ordres différents,

Tourner à droite, à gauche, attaquer et défendre,Enfoncer, soutenir, caracoler, surprendre;

Tantôt marcher en corps, et tantôt défiler,

Tousser à toute bride, attendre, reculer,

Tirer à coups perdus, et par toute l’arméeTaire l’oreille au bruit et l’œil à la fumée.

Ce héros va plus outre ; il leur montre à camper :

A la tente, à la hutte on les voit s’occuper ;

présence aux travaux mêle de si doux charmes,Qu’ilsapprennent sans peine àdormir sous les armes ;Et comme s’ils étaient en pays dangereux,

L’ombre de Saint-Germain est un bivouac pour eux.Achève, grand monarque! achève, et pars sanstu t’es fait un jeu de cette guerre feinte, [crainte :Accoutumé par elle à la poussière, au feu,véritable ailleurs ne te sera qu’un jeu :

^es guerriers t’y suivront sans y voir rien de rude,Combattront par plaisir, vaincront par habitude;

A la victoire, instruite à prendre ici ta loi,an s les champs ennemis n’obéira qu’à toi.

^ L’Espagne cependant, qui voit des Pyrénées°nner ce grand spectacle aux dames étonnées,

0, n de craindre pour soi, regarde avec mépris,ans un camp si pompeux, des guerriers si bien mis,ar >t d’habits, comme au bal, chargés de broderie,

Et

Parmi des canons tant de galanterie.

Quoi ! |

Cro :

°n se joue en France, et ce roi si puissant

>t m’effrayer, dit-elle, en se divertissant !

Il est vrai qu’il se joue, Espagne, et tu devines;

Mais tu mettras au jeu plus que tu n’imagines,

Et de ton dernier vol si tu ne te repens,

Tu ne verras finir ce jeu qu’à tes dépens.

Son père et son aïeul t’ont fait voir que sa FranceSait trop, quand il lui plaît, dompter ton arrogance :Tant d’escadrons rompus, tant de murs emportés,T'ont réduite souvent au secours des traités ;

Ces disgrâces alors te donnaient peu d’alarmes,

Tes conseils réparaient la honte de tes armes ;

Mais le ciel réservait à notre auguste roiD’avoir plus de conduite et plus de cœur que toi.

Rien plus ne le retarde, et déjà ses trompettesAux confins de l’Artois lui servent d’interprètes :C’est de là, c’est par là qu’il s’explique assez haut.

Il entre dans la Flandre et rase le Haiuaut.

Le Français court et vole, une mâle assuranceLe fait à chaque pas triompher par avance ;

Le désordre est partout, et l’approche du roiRemplit l’air de clameurs et la terre d’effroi.Jusqu’au fond du climat ses lions en rugissent,

Leur vue en étincelle, et leurs crins s’en hérissent ;Les antres et les bois, par de longs hurlements,Servent d’affreux échos à leurs rugissements :

Et les fleuves mal sûrs dans leurs grottes profondesHâtent vers l’Océan la fuite de leurs ondes ;Incertains delà marche, ils tremblent tous pour euxSonge encor, songe, Espagne, à mépriser nos jeux!

Ainsi, quand le courroux du maître de la terrePour en punir l'orgueil prépare son tonnerre,

Qu’un orage imprévu qui roule dans les airsSe fait connaître au bruit et voir par les éclairs,

Ces foudres, dont la route est pour nous inconnue,Paraissent quelque temps se jouer dans la nue,

Et ce feu qui s’échappe et brille à tous momentsSemble prêter au ciel de nouveaux ornements :

Mais enfin le coup tombe ; et ce moment horrible,

A force de tarder devenu plus terrible ,

Étale aux yeux surpris des hommes écrasés,

Une plaine fumante, et des rochers brisés.

Tel on voit le Flamand présumer ta venue,

Grand roi! pour fuir ta foudre il cherche à fuir ta vueEt de tes justes lois ignorant la douceur,

Il abandonne aux tiens des murs sans défenseur.

La Passée, Armentière, aussitôt sont désertes,Charleroi, qui t’attend, mais à portes ouvertes ,

A forts démantelés, à travaux démolis,

Sur le nom de son roi laisse arborer tes lis.

C’est là le prompt effet de la frayeur commune,C’est ce que font sans toi ton nom et ta fortune.Heureux tous nos Flamands, si l’exemple suiviEût partout à tes droits fait justice à l’envi !

Furne n’aurait point vu ses portes enfoncées ;Rergue n’am-ait point vu ses murailles forcées;