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Tome I.
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56
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56 Jj E S FRÈRES ENNEMIS.

POLïHICE.

£i tu n’eu veux sortir, tu pourras en tomber. *

ÉTÉOCLE.

Si je tombe, avec moi tu pourras succomber.

JOCASTE.

Oh dieux î que je me vois cruellement déçue! .

N’avois-je* tant pressé celte fatale vue, ,

Que pour les désunir encor plus que jamais ?

Ah, mes fils, est-ce là comme on parle de paix ? >

Quittez, au nom des dieux, ces tragiques pensées; ^

Ne renouvelez point vos discordes passées : <

Vous n’êtes pas ici dans un champ inhumain. j

Est-ce moi qui vous mets les armes à la main ? <

Considérez ces lieux où vous prîtes naissance ;

Leur aspect sur vos coeurs n’a-t-il point de puissance? j

C’est ici que tous deux vous reçûtes le jour ; j

Tout ne vous parle ici que de paix et d’amour : j

Ces princes, votre sœur, tout condamne vos haines ; j

Eufin moi, qui pour vous pris toujours tant de peines , ^

Qui, pour vous réunir, immolerois.... Hélas ! j-

Ils détournent la tête, et ne m’écoutent pas ! q

Tous deux pour s’attendrir ils ont l’ame trop dure, j

ils 11 e commissent plus !a voix de la nature ! p

( a Polynice. ) ^

Et vous, que je croyois plus doux et plus soumis.... j]

POLYNICE.

Je ne veux rien de lui que ce qu’il m’a promis.... p

Il ne sauroit régner sans se rendre parjure.

j o c A s T E.

Une extrême justice est souvent une injure.