ALEXANDRE.
i5S
ALEXANDRE.
lïé bien ! c’est donc en roi qu’il faut que je vous traiteJe ne laisserai point ma victoire imparfaite;
Vous l’avez souhaité, vous ne vous plaindrez pas.Régnez toujours, Porus ; je vous rends vos e’tats.
Avec mon amitié recevez Axiane :
A des liens si doux tous deux je vous condamne.Vivez, régnez tous deux, et seuls de tant de roisJusques aux bords du Gange allez donner vos lois.
( à Cléofde . )
Ce traitement, madame, a droit de vous surprendre:Mais enfin c’est ainsi que se venge Alexandre.
Je vous aime ; et mou cœur, touché de vos soupirs,Voudrait par mille morts venger vos déplaisirs.
Mais vous-même pourriez prendre pour une offenseLa mort d’un ennemi qui n’est plus en défeusc :
Il en triompheroît ; et, bravant ma rigueur,
Porus dans le tombeau descendrait en vainqueur.Souffrez que, jusqu’au bout achevant ma carrière,J’apporte à vos beaux yeux ma vertu tout entière.Laissez régner Porus couronné par mes mains ;
Et commandez vous-même au reste des humains.Prenez les sentiments que ce rang vous inspire ;Faites, dans sa naissance, admirer votre empire;
Et ^regardant l’éclat qui se répand sur vous,
De la scieur de Taxile oubliez le courroux.
ASIASE.
Oui, madame, régnez: et souffrez que moi-mêmeJ’admîre le grand cœur d\in héros qui vous aime.