Band 
Tome I.
Seite
218
JPEG-Download
 

218 ANDROMÀQUE.

A N D P. O M A Q U E.

Dois-je ïos oublier, s'il ne s’cn souvient plus ?

Dois-je oublier Hector privé de fuuérailîes,

Et traîné safls honneur autour de nos murailles?

Dois-je oublier son père à mes pieds renversé,Ensanglantant l’autel qu’il tenoit embrassé?.

Songe, songe, Cépbise, à cette nuit cruelleQui fut pour tout un peuple une nuit éternelle ;Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,

Entrant à-la lueur de nos palais brûlants,

Sur tous mes frères morts se faisant un passage,

Et, de sang tout couvert, échauffant le carnage ;Songeauxcris des vainqueurs, songe aux cris des mourantsDans la flamme étouffes, sous le fer expirants ;

Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue :

Voilà comme Pyrrhus vint s’offrir à ma vue ;

Voilà par quels exploits il sut se couronner;

Enfin, voilà l’époux que tu me veux donner.

Non 1 , je ne serai point complice de ses crimes :

Qu’il nous prenne, s’il veut, pour dernières victimes.Tous mes ressentiments lui seroient asservis 1

CEPII ISE.

lié bien, allons donc voir expirer votre fils :

On n’attend plus que vous... Vous frémissez, madame?AîîDROM AQUE.

Ah ! de quel souvenir viens-lu frapper mon ame ! *

Quoi ! Géphise, j’irai voir expirer encorCe fils, ma seule joie, et l’image d'Hector?

Ce fils, que de sa flamme il me laissa pour g->ge?

Hélas ! je m’en souviens : le jour que son courage