ACTE I, SCÊKE III. 3J
Enfin on me l’enlève. Une loi trop sévèreVa séparer deux coeurs qu’assembloit leur misère :
Sans doute on ne veut pas que, mèlaiu nos douleurs,Nous nous aidions l’un l’autre à porter nos malheurs.
AGRIPPINE.
Il suffît. Comme vous je ressens vos injures ;
Mes plaintes ont déjà précédé vos murmures.
Mais je ne prétends pas qu’un impuissant courrouxDégage ma parole et m’acquitte envers vous.
Je ne m’explique point. Si vous voulez m’enlendie,Suivez-moi chez Pallas où je vais vous atteudce*
SCÈNE IV.
BRITANN1CUS, NARCISSE.
B RIT A N N IC ü S.
La croirai-je, Narcisse? et dois-je sur sa foiLa prendre pour arbitre entre son fils et moi ?
Qu’en dis-tu? N’est-ce pas cette meme AgrippineQue mon père épousa jadis pour ma ruine,
Et qui, si je t’en crois, a de ses derniers jours,
Trop lents pour ses desseins, précipité le cours?narcisse.
N’importe : elle se sent comme vous outragée;
A vous donner Junie elle s’est engagée :
Unissez vos chagrins ; liez vos intérêts.
Ce palais retentit en vain de vos regrets :
Tandis qu’on vous verra d’une voix supplianteSemer ici la plainte et non pas l'épouvante,