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Tome II.
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SoG B Â J A Z Ë T.

Ne put voir sans amour ce héros trop aimable :

Elle courut lui tendre une main favorable.

Bajnzet étonné rendit grâce a ses soins,

Lui rendit des respects. Pouvoit-il faire moins?

Mais qu’aisément l'amour croit tout ce qu’il souhaité !De ses moindres respects Roxane satisfaiteNous engagea totis deux, par sa facilité,

À la laisser jouir de sa crédulité.

Zaïre, il faut pourtant avouer ma foiblesse ;

D’un mouvement jaloux je ne fus pas maîtresse.

Ma rivale, accablant mon amant de bienfaits,

Opposoit un empire à mes foibles attraits ;

Mille soins la rendoicnt présente à sa mémoire ;

Elle l’entrctenoit de sa prochaine gloire :

Et moi, je ne puis rien*, mon cœur, pour tout diseburs,N’avoit que des soupirs qu’il répètent toujours.

Le ciel seul sait combien j’en ai versé de larmes.

Mais enfin Bajazet dissipa mes alarmes :

Je condamnai mes pleurs, et jusques aujourd’huiJe l’ai pressé de feindre, et j’ai parlé pour lui.

Hélas î tout est fini ; Roxane mépriséeBientôt de son erreur sera désabusée.

Car enfin Bajazet ne sait point se cacher iJe connois sa vertu prompte à s’effaroucher;

Il faut qu’à tous moments, tremblante et sécourfiblé,

Je donne à ses discours un sens plus favorable.

Bajazet va se perdre* Ah! si, comme autrefois,

Ma rivale eût voulu lui parler par ma voix!

Au moins, si j’avois pu préparer son visage!

Mais, Zaïre, je puis l’attendre à son passage 5