SoG B Â J A Z Ë T.
Ne put voir sans amour ce héros trop aimable :
Elle courut lui tendre une main favorable.
Bajnzet étonné rendit grâce a ses soins,
Lui rendit des respects. Pouvoit-il faire moins?
Mais qu’aisément l'amour croit tout ce qu’il souhaité !De ses moindres respects Roxane satisfaiteNous engagea totis deux, par sa facilité,
À la laisser jouir de sa crédulité.
Zaïre, il faut pourtant avouer ma foiblesse ;
D’un mouvement jaloux je ne fus pas maîtresse.
Ma rivale, accablant mon amant de bienfaits,
Opposoit un empire à mes foibles attraits ;
Mille soins la rendoicnt présente à sa mémoire ;
Elle l’entrctenoit de sa prochaine gloire :
Et moi, je ne puis rien*, mon cœur, pour tout diseburs,N’avoit que des soupirs qu’il répètent toujours.
Le ciel seul sait combien j’en ai versé de larmes.
Mais enfin Bajazet dissipa mes alarmes :
Je condamnai mes pleurs, et jusques aujourd’huiJe l’ai pressé de feindre, et j’ai parlé pour lui.
Hélas î tout est fini ; Roxane mépriséeBientôt de son erreur sera désabusée.
Car enfin Bajazet ne sait point se cacher iJe connois sa vertu prompte à s’effaroucher;
Il faut qu’à tous moments, tremblante et sécourfiblé,
Je donne à ses discours un sens plus favorable.
Bajazet va se perdre* Ah! si, comme autrefois,
Ma rivale eût voulu lui parler par ma voix!
Au moins, si j’avois pu préparer son visage!
Mais, Zaïre, je puis l’attendre à son passage 5