BAJAZET,
Nul n’éleva si haut la grandeur ottomane)’,
Ce Soliman, jeta les yeux sur Roxelane.
Malgré tout son orgueil, ce monarque si fierA son trône, à son lit daigna l’associer;
Sans qu’elle eût d’autres droits au rang d’impératriceQu’un peu d’attraits peut-être, et beaucoup d’artifice,
BAJAZET.
Il est vrai. Mais aussi voyez ce que je puis,
Ce qu etoit Soliman, et le peu que je suis.
Soliman jouissoit d’une pleine puissance :
L’ftgypte ramenée à son obéissance ;
Rhodes, des Ottomans ce redoutable éefieil,
De tous ses défenseurs devenu le cercueil ;
Du Dapube asservi les rives désolées;
De l’empire persan les bornes reculées ;
Dans leurs climats brûlants les Africains domtéa,Faisoient taire les lois devant ses volontés.
Que suis-je ? J’attends tout du peuple et de l’armée :Mes malheurs font encor toute ma renommée.Infortuné, proscrit, incertain de régner,
Dois-je irritep les çœurs au lieu de les gagner ?Témoins de nos plaisirs, plaindront-ils nos raîseres?Croiront-ils mes périls et vos larmes sincères?.
Songez, sans me flatter du sort de Soliman,
Au meurtre tout récent du malheureux Osman :
Pans leur rébellion les chefs des janissaires,
Cherchant à çolprer leurs desseins sanguinaire*,
Se crurent à sa perte assez autorisésPar le fatal hymen que vous me proposez.
Que vous dirai-je enfin? Maître de leur suffrage.