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Tome II.
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S II

ACTE U, SCÈNE I.

Peut-être avec le temps j’oserai davantage ;

Ne précipitons rien ; et daignez commencerA me mettre en état de vous récompenser.

n o x a s E.

Je vous entends, seigneur. Je vois mon imprudencg^

Je vois que rien n’-echappe à votre prévoyance ;

Vous avez pressenti jusqu’au moindre dangerOù mon amour trop prompt vous alloit engager.

•Pour vous,pour votre honneur, vous en craignez les suites JEt je le crois, seigneur, puisque vous me le dites.

Mais avez-vous prévu, si vous ne m’épousez,lies périls plus certains où vous vous exposez ?Songez-vous que sans moi tout vous devient contraire 9Que c’est à moi çur-tout qu’il importe de plaire ?■Songez-vous que je tiens les portes du palais ?

Que je puis vous l’ouvrir ou fermer pour jamais ?

Que j’ai sur votre vie un empire suprême !

•Que vous ne respirez qu’autant que je vous aime?pt, sans ce même amour qu’offensent vos refus,

Songez-vous, en un mot, que vous ne seriez plus ?

BAJAZET.

Oui, je tiens tout de vous : et j’avois lieu de croireQue c'étoit pour vous-même une assez grande gloire.

En voyant devant moi tout l’empire h genoux,

De m’eùtendre avouer que je tiens tout de vous.

Je ne m’en défends point ; ma houclie le confesse»

Et mon respect saura le confirmer sans cesse.

Je vous dois tout mon sang : ma vie est votre bien.

Mai* enfin voulez-vous...