A C T E 111, S C È N E I V. o,3ï
SCÈNE IV.
B A J A Z E T , ATALIDE, ZAÏRE.
B AJAzET.
C’eîî est fait, j’ai parlé, vous êtes obéie.
Vous n’avez plus, madame, à craindre pour ma vie :
Et je seroia heureux, si la foi, si l’honneur,
Ne me reprochoient point mon injuste bonheur ;
Si mon cœur, dont 3e trouble en secret me condamne,Pouvoit me pardonner aussi-bien que Roxane.
Mais enfin je me vois les armes à-la main :
Je suis libre ; et je puis contre un frère inhumain,
Non plus par un silence aidé de votre adrct.se,
Disputer en ces lieux le cœur de sa maîtresse,
Mais par de vrais combats, par de nobles dangers,Moi-même le cherchant aux climats étrangers,
Lui disputer les cœurs du peuple et de l’armée,
Et pour juge entre nous prendre la renommée.
Que vois-je! Qu’avez-vous? Vous pleurez!
ATALI DE.
Non, seigneur
Je ne murmure point contre votre bonheur :
Lç ciel, lfl juste ciel vous devoit ce miracle.
Vous savei si jamais j’y formai quelque obstacle :
Tant que j’ai respiré vos yeux me sont témoinsQue votre seul péril occupoit tous mes soins ;
Et puisqu’il ne pouvoit finir qu’avec ma vie,
C’est sans regret aussi que je la sacrifie.