234 BAJAZET.
Tout ce peuple nombreux dont il est habité,
Assemblé par mon ordre, attend ma volonté.
Mes esclaves gagnés, que le reste va suivre,
Sont les premiers sujets que mon aniour vous livre.L’auriez-vous cru, madame, et qu’un si prompt retourFît & tant de fureur succéder tant d’amour?,
Tantôt, à me venger fixe et déterminée,
Je jurois qu’il voyoit sa dernière journée :
A peine cependant Bajazet m'a parlé ;
L’amour fit le serment, l’amour l’a violé.
j’ai cru dans son désordre entrevoir sa tendresse :
J’ai prononcé sa grâce, et j’en croîs sa*promesse.bajazet.
Oui, je vous ai promis et j’ai donné ma foiDe n’oublier jamais tout ce que je vous doi îJ’ ai juré que mes soins, ma juste complaisance,
Vous répondront toujours de ma reconnoissance.
Si je puis à ce prix mériter vos bienfaits,
Je vais de vos boutés attendre les effets.
SCÈNE VI.
ROXANE, ATALIDE, ZAÏRE,nox ANE.
De quel étonnement, ob ciel ! suis-je frappée 1Est-ce un songe ? etmesyeux ne m’ont-iîs point trompée?Quel est ce sombre accueil, et ce discours glacéQui semble révoquer tout ce qui s’est passe ?
Sur quel espoir croit-il que je me sois rendue,
Et qu’il ait regagné mon amitié perdue?,