B A J A Z E T.
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Laissez-moi : j’ai besoin d’un peu de solitude.
Ce jour me jette aussi dans quelque inquiétude : •
J’ai, comme Bajazet, mon chagrin et mes soins;
Et je veux un moment y penser sans témoins.
SCÈNE y IL
R O X A N E.
Dé tout ce que je vois que faut-il que je pense?
Tous deux h me tromper sont-ils d’intelligence?Pourquoi ce changement, ce discours, ce départ? ‘N’ai-je pas même entre eux surplis quelque regard?Bajazet interdit! Atalide étonnée!
O ciel, à cet affront m’auriez-vous condamnée?
De mon aveugle amour seroient-ce là les fruits?
Tant de jours douloureux, tant d'inquiètes nuits,
Mes brigues, mes complots, ma trahison fatale,N’aurois-je tout tenté que pour une rivale?
Mais peut-être qu’aussi, trop prompte à m’auligev,J’observe de trop près un chagrin passager :
3 impute à son amour l’effet de son caprice.
N’eut-il pas jusqu’au bout conduit son artifice?
Prêt à voir le succès de son déguisement,
Quoi? ne pouvoit-il pas feindre encore un moment?Non, non, rassurons-nous : trop d’amour m’intimide.Et pourquoi dans son cœur redouter Atalide?
Quel seroit son dessein? qu’a-t-elle fait pour lui?
Qui de nous deux enfin le couronne aujourd’hui?Mais, hélas! de l’amour ignorons-nous l’empire?
Si par quelque autre charme Atalide l’attire,