B A T A Z E T.
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D'autant plus qu’il falloit l’accepter ou périr;
D’autant plus que vous-même, ardente à me l’offrir,Vous ne craigniez rien tant que d’être refusée;
Que même mes refus vous auroient exposée ;
Qu’après avoir osé me voir et me parler,
H étoit dangereux pour vous de reculer.
Cependant, je n’en veux pour témoins que vos plaintes.Ai-je pu vous tromper par des promesses feintes?Songez combien de fois vous m’avez reprocliéUn silence témoin de mon trouble cacbc :
Plus l’effet de vos soins et ma gloire étoient proches >Plus mon cœur interdit se faisoit de reproches.
Le ciel, qui m’entendoit, sait bien qu’en même temps3e ne m'arrêtais pas à des vœux impuissants;
Et si l’effet enfin, suivant mon espérance,
Eût ouvert un champ libre à ma reconnoissance,J’atirois, par tant d’honneurs, par tant de dignités,Contenté votre orgueil et payé vos bontés,
Que vous-même peut-être...
r o x A N E.
Et que pourrois-m foire?
Sans l’offre de ton cœur, par où peux-tu me plaire?Quels scroient de tes vœux les inutiles fruits?
INe te souvient-il plus de tout ce que je suis|
Maîtresse du sérail, arbitre de ta vie,
Et même de l’état qu’Amurat me confie,
Sultane, et, ce qu’en vain j’ai cru trouver en toi ,Souveraine d'un cœur qui n’eût aimé que moi :
Dans ce comble de gloire où je suis arrivée,
A quel indigne honneur m’avois-iu réservée?