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ACTE II, SCÈNE IV.
Et, quand vous userez de ce droit tout-puissant,
Je ne vous répondrai qu’en vous obéissant.
RIIXHRIDATE.
Ainsi, prête à subir un joug qui vous opprime,
Vous n’allez à l'autel que comme une victime ;
Et moi, tyrand’un cœur qui se refuse au mien,
Même en vous possédant je ne vous devrai rien.
Ah, madame ! est-ce là de quoi me satisfaire ?
Faut-il que désormais, renonçant à vous plaire,
Je ne prétende plus qu’à vous tyranniser ?
Mes malheurs, en un mot, rne font-ils mépriser?
Àh ! pour tenter encor de nouvelles conquêtesQuand je ne verrois pas des routes toutes prêles,Quand le sort ennemi m’auroit jeté plus bas,
Vaincu, persécuté, sans secours, sans états,
Errant de mers en mers, et moins roi que pirate,Conservant pour tous biens le nom de Mithridate,Apprenez que, suivi d’un nom si glorieux.
Par-tout de l’univers j’attacherois les yeux ;
Et qu’il n’est point de rois, s’ils sont dignes de l’être,Qui, sur le trône assis, n’enviassent peut-êtreAu-dessus de leur gloire uu naufrage élevé,
Que Rome et quarante ans ont à peine achevé*Vous-même, d’un autre œil me verriez-vous, madame,Si ces Grecs vos aïeux revivoieut dans votre ame ?
Et, puisqu’il faut enfin que je sois votre époux,
H etoit-il pas plus noble et plus digne de vousDe joindre à ce devoir votre propre suffrage,
D’opposer votre estime au destin qui m’outrage,