Band 
Tome II.
Seite
314
JPEG-Download
 

3j 4 MlTIIRîDATE.

Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers ;Qu’ils tremblent à leur tour pour leurs propres foyers,Annibal l'a prédit, croyons-én ce grand homme :Jamais on ne vaincra les Romains que dans Rome.Koyons-la dans son sang justement répandu :

Brûlons ce Capitole ou j’étois attendu :

Détruisons ses honneurs, et faisons disparoîtreLa honte de cent rois, et la mienne peut-être ;

Et, la flamme à la main, effaçons tous ces nomsQue Rome y consacroit à d’éternels affronts.

Voilà l’ambition dont mon ame est saisie.

Ne croyez point pourtant qu’éloigné de l’AsieJ’en laisse les Romains*tranquilles possesseurs :

Je sais où je lui dois trouver des défenseurs ;

Je veux que, d’ennemis par-tout enveloppée,

Rome rappelle en vain le secours de Pompée,

Le Parthe, des Romains comme moi la terreur,Consent de succéder à ma juste fureur ;

Prêt d’unir avec moi sa haine et sa famille,

31 ine demande un fils pour époux à sa fille.

Cet honneur vous regarde, et j’ai fait choix de vous,Pharnace : allez, soyez ce bienheureux époux.

Demain, sans différer, je prétends que l’auroreDécouvre mes vaisseaux déjà loin du Bosphore :

Vous, que rien n’y retient, partez dès ce moment,

Et méritez mon choix par votre empressement ;Achevez cet hymen ; et, repassant l’Euphrate,

Faites voir à l’Asie un autre Mithridate.

Que nos tyrans communs en pâlissent d’effroi \

Et que le bruit à Rome en vienne jusqu’à moi