EX DE BOILEAU. 87
assez bien. Le meme médecin m’a assuré qne, silos,eaux de Bourbon ne vous guérissoient pas, il vousguériroit infailliblement. Il m’a cité l’exempled’un chantre de Notre-Dame, à qui un rhumeavoit fait perdre entièrement la voix depuis sixmois , et il étoit près de se retirer; ce médecinl’entreprit, et avec une tisane d’une herbe qu’onappelle je crois erysimutn y il le tira d’affaire, entelle sorte que non seulement il parle , mais ilchante, et a la voix aussi forte qu'il i’ait jamaiseue. J’ai contéla chose aux médecins delà cour; ilsavouent que cette plaute d 'enjsimum est trèsbonne pour la poitrine; mais ils disent qu’ils necroyoient pas quelle eût la vertu que dit monmédecin. C'est le même qui a deviné le mal deM. Nicole 1 : il s’appelle M. Morin, et il est à made-moiselle de Guise. M. Fagon en fait un fort grandcas. J’espère que vous n'aurez pas besoin de lui ;mais cela est toujours bon à savoir : et si le mal-heur vouloit que vos eaux ne fissent pas toutl’effet que vous souhaitez , voilà encore une assezbonne consolation que je vous donne. Je ne vousmanderai pour cette fois d'autres nouvelles quecelles qui regardent votre santé et la mienne.
1 M. Morin étoit de l'académie des sciences ; son élogeest un des premiers de ceux qu’a faits M. de Fontenelle.