ET DE BOILEAU. io3
fort d’avoir un magistrat de votre force, et qui luiest si peu à charge. Je vous ai envoyé par le der-nier ordinaire une très longue déduction de mamaladie, que M. Bourdier mon médecin a écrite hM. Fagon; ainsi vous en devez être instruit al’heure qu'il est parfaitement. Je vous dirai pour-tant que dans cette relation il ne parle point de lalassitude de jambes et du peu d’appétit; si bienque tout le profit que j’ai fait jusqu’ici «à boire deseaux,, selon lui, consiste en un éclaircissement deteint, que le haie du voyage m’avoit jauni plutôtque la maladie: car vous savez bien qu’en partantde Paris je n’avois pas le visage trop mauvais, etje ne vois pas qu'à Moulins où je suis on me féli-cite fort présentement de mon embonpoint. Si j’aiécrit une lettre si triste à ma sœur, cela ne vientpoint de ceque jeme sente beaucoupplusmalqu’ùParis, puisqu’il vous dire le vrai, tout le bien ettout le mal mis ensemble, je suis environ au memeétat que quand ie partis ; mais, dans le chagrin dene point guérir, on a quelquefois des moments oula mélancolie redouble*; et je lui ai écrit dans unde ces moments. Peut-être dans une autre lettreverra -t-elle que je ris. Le chagrin est commeune fièvre qui a ses redoublements et ses suspen-sions.
La mort de M. de Saint Laurent est tout-a-faitédifiante : il me paroît qu’il a fini avec toute l’au-daced'un philosopheettoute l'humilitéd un chré-tien. Je suis persuadé qu’il y a des saints canonisés
il