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Tome V.
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I 12

LETTRES DE RACINEpersiste toujours dans l’opinion qu’il me peut êtreutile. Après cela je prendrai mon parti.

Vous ne sautiez, croire combien je vous suisobligé de la tendresse que vous m’avez témoignéedans votre dernière lettre: les larmes m’en sontpresque venues aux yeux; et quelque résolutionque j’eusse faite de quitter le monde, supposé quela voix ne me revînt point, cela m’a entièrementlait changer d’avis; c’cst-à-dire, en un mot, que jeme sens capable de quitter toutes chose3, hormisvous. Adieu, mon cher monsieur: excusez si je nevous écris pas une plus longue lettre ; franchementje suis fort abattu. Je n’ai point d’appétit : je traîneles jambes plutôt que je ne marche. Je n’oseroisdormir, et je suis toujours accablé de sommeil. Jeme Hutte pourtant encore de l’espérance que les eauxde Bourbon me guériront. M. Amiot est hommed’esprit, et me rassure fort. Il se fait une affairetrès sérieuse de me guérir, aussi-bien que les autresmédecins. Je n’ai jamais vu de gens si affectionnésa leur malade, et je crois qu’il n'y en a pas und'entre eux qui ne donnât quelque chose desanté pour me rendre la mienue. Outre leur affec-tion, il y va de leur intérêt, pareeque ma maladiefait grand bruit dans Bourbon. Cependant ils nesont point d'accord; et M. Rourdier lève toujoursdes yeux très tristes au cielquandon parledebain.Quoi qu’il eu soit, je leur suis obligé de leurs soinsde leur bonne volonté; et quand vous m'écrirez