ET DE BOILEAU n3
je vous prie de me dire quelque chose qui marqueque je parle bien deux.
M. de La Chapelle m’a écrit une lettre fort obli^geante, et m’envoie plusieurs inscriptions sur les-quelles il me prie de dire mon avis. Elles me parois-senttoutes fort spirituelles; mais je ne saurois paslui mander pour cette fois ce que j'y trouve à re-dire, ce sera pour le premier ordinaire;, M. Bour-sault, que je croyois mort, me vint voir il y a cinqou six jours, et m’apparut le soir assez subitement.Il me dit qu’il s’étoit détourné de trois grandeslieues du chemin de Mont-Luçon, où il alloit et ouil est habitué, pour avoir le bonheur de me saluer.Il me fit offre de toutes choses, d’argent, de com-modités, de chevaux. Je lui répondis avec lesmemes honnêtetés, et voulus le retenir pour le len-demain à dîner; mais il me dit qu’il étoit obligéde s’en aller dès le grand matin : ainsi nous nous,séparâmes amis à outrance 1 . A propos d’amis, mesbaisemains, je vous prie, à tous nos amis com-muns. Dites bien à M. Quinault que je lui suis in-
1 Boursault étoit alors receveur des fermes à Mont-Luçon , d’où, à l’occasion de son emploi, il écrivit une lettreassez connue. Boileau l’avoit attaqué dans ses satires. Bour-sault, pour s’en venger, fit imprimer, contre lui une co-médie intitulée : Satire des Satires . Cependant, quandil sut Boileau malade à Bourbon, il alla le voir, et luioffrit sa bourse. Boileau, sensible à ce trait de générosité*ôta, dans la suite, de ses satires le nom de Boursault.
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