1124 LETTRES DE RACINEpagne qu'il a bues : vous savez aux dépens de qui.Vous avez raison de dire qu’ils auront là un mer-veilleux théâtre pour jouer les pièces de M. P ra-don : et d'ailleurs ils y auront une commodité,c’est que, quand le souffleur aura oublié d'apporterla copie de ses ouvrages, il en retrouvera infailli-blement une bonne partie dans les précieux dépôtsqu’on apporte tous les matins en cet endroit.M. Fagon n'a point écrit à M. Bourdier. Faitesbien des compliments pour moi à M. Roze. Les gensde son tempérament sont de fort dangereux en-nemis ; mais il n’y a point aussi de plus chaudsamis, et je sa t s qu’il a de l’amitié pourmoi. Je vousfélicite des conversations fructueuses que vous avezeues avec M. de Louvois, d’autant plus que j’auraipart à votre récolte. Ne craignez point que M. Mar-chand m’arrête à Bourbon : quelque ami tié que j’aiepour lui, il n’entre point en balance avec vous; etl’Andrienne n’apportera aucun mal. Je meurs d'en-vie de voir les Réflexions de M. Nicole, et je m'ima-gine que c’est Dieu qui me prépare ce livre à Parispour me consoler de mon infortune. J’ai fort ri dela raillerie que vous me faites sur les gens à qui j'aipardonné; cependant savez-vous bien qu’il y a àcela plus de mérite que vous ne croyez , si le pro-verbe italien est véritable, que, Chl offende nonperd'ona ?
L’action de M. de Lorraine ne me paroît pointsi inutile qu’on veut se l’imaginer, puisque rien nepeut mieux confirmer l'assurance de ses troupes,