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Tome V.
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aoî LETTRES DE RACINE

Tout ce traité de Denys d’Halicarnasse, dont jeyiens de vous parler, et que je relus hier tout en-tier avec un grand plaisir, me fit souvenir de l'ex-trême impertinence de M. Perrault , qui avanceque le tour des paroles ne fait rien pour l’élo-quence , et qu'on ne doit regarder qu’au sens ; etc'est pourquoi il prétend qu'on peut mieux jugerd’un auteur par son traducteur, quelque mauvaisqu'il soit, que par la lecture de l'auteur même. Jene me souviens point que vous ayez relevé cette!extravagance, qui vous donneroit pourtant heaujeu pour le tourner en ridicule.

Pour le mot de fasyiïfrtii, qui a quelquefois lasignification que vous savez , il signifie souventconverser simplement. Voici des exemples tirés del’Ecriture. Dieu dit à Jérusalem, dans Ezéchiel :Congregabo tibi amatores tuos cum guibus commistaes, etc. Dans lt prophète Daniel, les deux vieil-lards , racontant comme ils ont surpris Susanne enadultère, disent, parlant d'elle et du jeune hommequ’ils prétendent qui étoit avec elle : Vldimus eospariler commiseeri. Us disent aussi à.Susanne : As-sentire nobis, et commiscere nobiscum. Voilà commis-ceri dans le premier sens. Voici des exemples dusecond sens. Saint Paul dit aux Corinthiens : Necommisceamini fornicariis : « N’ayez point de eom-merce avec les fornicateui'S. » Et expliquant ce qu'il |a voulu dire par-là, il dit qu’il n’entend point parler Ides fornicateurs qui sont parmi les gentils; autre-ment , ajoute-t-il, il faudi-oit renoncer à vivre avec