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LETTRES DE RACINE
lui aviez passés, et que je lui ai récités avec toutel'énergie dont je suis capable :
Cependant on ne voit que docteurs, meme austères,
Qui, les semant par-tout, s’en vont pieusementDe toute piété, etc.
Il est vrai que je me suis avisé heureusement d’in-sérer dans mon épître huit vers que vous n’avezpas approuvés,et que mon frère juge très à proposd’y rétablir. Les voici ; c’est ensuite de ce vers :
Oui, dites-vous; allez*, vous l’aimez, croycz-moi.Ecoutez la leçon que lui-méme il nous d-onne :
Qui m’aime ? c’est celui qui fait ce que j’ordonne.Faites-le donc ; et, sûr qu’il nous veut sauver tous,
Ne vous alarmez point pour quelques vains dégoûtsQu’en sa ferveur souvent la plus sainte ame éprouve.Courez toujours à lui ; qui le cherche le trouve;
Et plus de votre cœur il paioît s’écarter,
Plus par vos actions songez à l'arrêter.
Il m'a fait redire trois fois ces huit vers. Mais je 11esaurois vous exprimer avec quelle joie , quelséclats de rire il a entendu la prosopopée. Enfinj’ai si bien échauffé le révérend père, que, sansune visite que dans ce’temps-là M. son frère luiest venu rendre, il ne nous iaissoxt point partirque je ne lui eusse récité aussi les deux pièces dema façon que vous avez lues au roi : encore nenous a-t-il laissé partir qu’à la charge que nousl’irions voir à sa maison de campagne; et il