3oo LETTRES DE RACINE
LETTRE XLVI.
Paris*, 3 o octobre 1698*'
y ou s pouvez vous assurer, moncher fils, que masanté est, Dieu merci, en train de se rétablir en-tièrement : j’ai été purgé pour la dernière fois 1 , etmes médecins ont pris congé de moi en me recom-mandant néanmoins une très grande diète pendantquelque temps, et beaucoup de règle dans mesrepas pour toute ma vie, ce qui ne me sera pas fortdifficile à observer : je ne craiqs que les tables dela cour; mais je suis trop heureux d’avoir un pré-texte d’éviter les grands repas, auxquels aussi-bienje ne prends pas un fart grand plaisir. J’ai résolumême d’être à Paris le plus souvent que je pourrai,non seulement pour y avoir soin de ma santé, maispour n 'être point dans cette horrible dissipationoù l’on ne peut éviter d'être à la cour. Nous parti-rons mardi prochain pour la profession de machère fille, que je ne veux pas faire languir da-vantage., M. l’archevêque dé Sens veut absolumentfaire la cérémonie: j’aurois bien autant aimé qu'ileût donné cette commission à un autre , cela nousauroit épargné bien de l’embarras et de la dépense.SI. l'abbé Boileau a voulu aussi, malgré toutes mesinstances, y venir prêcher-, et cela avec toutel’amitié possible.
Nous allâmes l'autre jour dîner à Àuteuil avec