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LETTRES DE RACINE
pourtant pas d’aller et de venir, et les médecinsm'assurent que tout ira bien pourvu que je soisexact à la diète qu’ils m’ont ordonnée; et je l'ob-serve avec une attention incroyable. Je voudroisavoir le temps aujourd’hui de vôus rendre comptedu détail de la profession de votre sœur; mais sansla flatter vous pouvez compter que c’est un ange.Son esprit et son jugement sont extrêmement for-més ; elle a une mémoire prodigieuse, et aime pas-sionnément les bons livres : mais ce qui est de pluscharmant en elle, c’est une douceur et une égalitéd’esprit merveilleuses. Votre mère et votre sœuraînée ont extrêmement pleuré; et pour moi je n’aicessé de sangloter : je crois même que cela n’a paspeu contribué à déranger ma foible santé. Nevouschagrinez pas si je ne vous écris pas davantage ; j'aibien des choses à faire, et en vérité je ne suis guèreen état de songer à mes affaires les plus pressées.Votre mère et toute la famille vous embrassent. C està pareil jour que demain que vous fûtes, baptisé, etque vous fîtes un serment solennel à Jésus-Christde le servir de tout votre cœur.