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Louis XIV, 1648-1715; depuis la mort de Louis XIY, 1715-1789.
I. 1648-1715. Quatrième âge du Système d’équilibre -—Aucommencement de la troisième période, comme au commencementdelà seconde, l’indépendance de l’Europe est en danger. La Franceoccupe le rang politique que tenait l’Espagne, et exerce de plusl’influence d’une civilisation supérieure.
Tant que Louis XIY n’a pour adversaires que l’Espagne , déjàépuisée, la Hollande, puissance toute maritime, et l’Empire, divisépar ses négociations, il dicte des lois à l’Europe. Enfin l’Angleterre,sous un second Guillaume d’Orange, reprend le rôle qn’elle a jouédu temps d’Elisabeth, celui de principal antagoniste de la puissanceprépondérante. De concert avec la Hollande, elle anéantit les pré-tentions de la France à la domination des mers. De concert avecl’Autriche, elle la resserre dans ses limites naturelles, mais ne peutl’empêcher d’établir en Espagne une branche de la maison deBourbon.
La Suède est la première puissance septentrionale. Sous deuxconquérants, elle change deux fois la face du Nord, mais elle esttrop faible pour obtenir une suprématie durable. La Russie l'arrête, etprend cette suprématie pour ne point la perdre. — Le système desÉtats du Nord tient peu à celui des États du midi, si ce n’est parl’ancienne alliance de la Suède avec la France.
II. 1715-1789. Cinquième âge du Système d’équilibre. — L’é-lévation des royaumes nouveaux de Prusse et de Sardaigne marqueles premières années du dix huitième siècle. La Prusse doit être avecl’Angleterre l’arbitre de l’Europe, pendant que la France est affai-blie, et que la Russie n’a pas atteint toute sa force.
Il y a au dix-lmitième siècle moins de disproportion entre lespuissances. La nation prépondérante étant insulaire et essentielle-ment maritime, n’a d’autre intérêt, relativement au continent, quede maintenir l’équilibre. Telle est aussi sa conduite dans les trois