CHAPITRE PREMIER.
ITALIE. — GUERRE DES TURCS. 1453-1494.
Splendeur de l'Italie : Venise, Florence, Rome , etc. —Sa décadenceréelle: Condottieri, tyrannies et conspirations, poli tique machiavélique.— Conquête imminente : Turcs, Espagnols, Français. — Prise de Con-stantinople, ,1'i53. —Tentative de Jean de Calabre sur le royaume deNaples, 1460-64. — Diversions de l’albanais Scanderbeg, de Huniadeet de Mathias Corvin en Hongrie. — Projet de croisade, qui avorte parla mort de Pie il, 1464. —Venise appelle les Turcs; prise d'Otrante,1480. Les Vénitiens appellent René d’Anjou. —Le pape appelle lesSuisses. — Savonarole prédit la conquête de l’Italie.
Au milieu de la barbarie féodale dont le quinzièmesiècle portait encore l’empreinte, l’Italie offrait le spectacled’une vieille civilisation. Elle imposait aux étrangers parl’autorité antique de la religion et par toutes les pompes del’opulence et des arts. Le Français ou l’Allemand qui pas-sait les Alpes admirait dans la Lombardie cette agriculturesavante, ces innombrables canaux qui faisaient de la valléedu Pô un vaste jardin. Il voyait s’élever des lagunes cettemerveilleuse Venise, avec ses palais de marbre, et son arse-nal qui occupait cinquante mille hommes. De ses ports sor-taient chaque année trois ou quatre mille vaisseaux, les unspour Oran, Cadix et Bruges; les autres pour l’Egypte ouConstantinople. La dominante Venise, comme elle s’appe-lait elle-même, commandait par ses provédjteurs dans pres-que tous les ports que l’on rencontre depuis le fond de l’A-driatique jusqu’à celui de la mer Noire.
Plus loin, c'était l’ingénieuse Florence, qui, sous Côme