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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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LEurope sémut enfin : ÎJicolas Y prêcha la croisade ;tous les états Italiens se réconcilièrent à Lodi [1454].Dans les autres pays, une foule dhommes prirent la croix.A Lille, le duc de Bourgogne fit apparaître, dans un ban-quet, l'image de lÉglise désolée, et, selon les rites de lachevalerie, jura Dieu, la Yierge, les dames et le faisan,quil irait combattre les infidèles 1 . Mais cette ardeur durapeu : neuf jours après avoir signé le traité de Lodi, les Vé-nitiens en firent un avec les Turcs; Charles VIT ne permitpoint que lon prêchât la croisade en France; le duc deBourgogne resta dans ses états, et la nouvelle tentative deJean de Calabre sur le royaume de Naples, occupa toutelattention de lItalie (1460-64).

Les véritables,les seuls champions delà chrétienté étaientle hongrois Huniade et lalbanais Scanderbeg. Ce der-nier, dont lhéroïsme barbare rappelait les temps de la fable,abattait, dit-on, dun seul coup, la tête dun taureau sau-vage. On lavait vu, comme Alexandre, dont les Turcs luidonnaient le nom, sauter seul dans les murs dune ville as-siégée. Dix ans après sa mort, les Turcs se partagèrent sesossements, croyant devenir invincibles 2 . Encore aujour-dhui, le nom de Scanderbeg est chanté dans les montagnesde l Épire.

Lautre soldat de Jésus-Christ, le Chevalier blanc deValachie, le Diable des Turcs, arrêtait leurs progrès, tan-dis que les diversions de Scanderbeg les ramenaient en ar-rière 5 . Lorsque les Ottomans attaquèrent Belgrade, le bou-

Voy. Cantimir, et Saadud-din, Bist. ottomane, traduclion manuscritede M. Galland, citée par M. Daru, Bist. de Venise, 2' édit. ; Pièces justi-ficatives, t. viii, p. 191-6.

1 Olivier de la Marche, t. viii de la collection des Mémoires relatifsàl'Bist. de France, édit, de M. Petitot.

1 Barlesio, de Vitâ Georgîi Castrioti, etc., 1537, passim.

3 Ce premier titre est celui que prenait toujours Scanderbeg, le seconddésignait ordinairement Huniade chez ses contemporains (Comines, t. vi,ch. 13); le troisième lui était donné par les Turcs, qui le nommaient àleurs enfants pour les effrayer (M. de Sacy, dans la Biographie univer-selle, art. Huniade), comme les Sarrasins menaçaient autrefois les leursde Richard Cœur-de-Lion