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pies. Dès 1,474, Sixte IY avait appelé les Suisses. Les bar-bares s’habituaient à passer les Alpes, et ils allaient racon-ter dans leur pays les merveilles de la belle Italie; les unscélébraient son luxe et ses richesses, les autres son climat,ses vins, ses fruits délicieux 1 . Alors s’éleva dans Florencela voix prophétique du dominicain Savonarole, qui annon-çait à l’Italie les châtiments de Babylone et de Ninive:« O Italie, ô Rome, dit le Seigneur, je vais vous livrer auxmains d’un peuple qui vous effacera entre les peuples. Lesbarbares vont venir, affamés comme des lions...Et la mortalitésera si grande, que les fossoyeurs iront par les rues, criant :Qui a des morts ? et alors l’un apportera son père, et l’autreson fils.... O Rome, je te le répète, fais pénitence; faitespénitence, ô Venise ! ô Milan’ ! »
Ils persévérèrent. Le roi de Naples prit ses barons sou-levés au piège d’un traité perfide. Gènes resta en proie auxfactions des Adorni et des Fregosi. Laurent de Médicis, aulit de mort, refusa l’absolution à laquelle Savonarole mettaitpour condition l’affranchissement de Florence. A Milan,Ludovic le More enferma son neveu, en attendant qu’ill’empoisonnât. Rodéric Borgia ceignit la tiare sous le nomd’Alexandre VI. Le moment inévitable était venu.
1 Voy. La très-joyeuse, plaisante et récréative histoire, composée parle loyal serviteur du bon Chevalier sans paour et sans reprouchc, t. xvde la coliect. des Mémoires , p. 30G, 334, 385.
1 Savonarola, Prediche quadragesimali (1544. in—12 ; prédira vige-sima prima, p. 211-212. Voy. aussi Pétri Martyris Âhglerii epistol.cxxx, cxxxi, etc. « Malheur à toi, mère des arts, ô belle Italie!... etc.1493. »