( *6 )
CHAPITRE III.
ORIENT ET NOKD. — ÉTATS GERMANIQUES ET SCANDINAVES DANS LASECONDE MOITIÉ DU QUINZIÈME SIÈCLE.
Empire d’Allemagne; prépondérance et politique intéressée de l’Autri-che. — Élévation de la Suisse ; décadence de l’ordre Teutonique. —Villes du Rhin et de Souabe. Prépondérance et décadence de la LigueHanséatique. Élévation de laHollande.— Guerres de Danemark, Suèdeet Norwège. Affranchissement de la Suède. 1433-1520.
Si l’on consulte l’analogie des mœurs et des langues, l’ondoit compter au nombre des Etats germaniques l'Empire,la Suisse, les Pays-Bas et les trois royaumes du nord, l’An-gleterre même à plusieurs égards; mais les rapports poli-tiques des Pays Bas et de l’Angleterre avec la France nousont forcé de placer l’histoire de ces puissances dans le cha-pitre précédent.
L’Allemagne n’est pas seulement le centre du systèmegermanique ; c’est une petite Europe au milieu de la grande,où les variétés de population et de territoire se représen-tent avec des oppositions moins prononcées. On y trouvaitau xv e siècle toutes les formes de gouvernement, depuis lesprincipautés héréditaires ou électives de Saxe et de Cologne,jusqu’aux démocraties d’Uri et d’Underwald; depuis l’oli-garchie commerçante de Lubeck, jusqu’à l’aristocratie mi-litaire de l’ordre Teutonique.
Ce corps singulier de l’Empire, dont les membres étaientsi hétérogènes et si inégaux, dont le chef était si peu puis-sant, semblait toujours prêt à se dissoudre. Les villes, lanoblesse, la plupart même des princes étaient presqueétrangers à un empereur que les seuls électeurs avaient