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choisi. Cependant la communauté d’origine et de langue amaintenu pendant des siècles l’unité du corps germanique;joignez-y la nécessité de la défense, la crainte des Turcs,de Charles-Quint, de Louis XIY.
L’Empire se souvenait toujours qu’il avait dominé l’Eu-rope, et rappelait de temps en temps ses droits dans devaines proclamations. Le plus puissant prince du quinzièmesiècle, Charles le Téméraire avait paru les reconnaître ensollicitant la dignité royale de l’empereur Frédéric III. Cesprétentions surannées pouvaient devenir redoutables, de-puis que la couronne impériale était fixée dans la maisond’Autriche [1438]. Placée entre l’Allemagne, l’Italie et laHongrie, au véritable point central de l’Europe, l’Autrichedevait prévaloir sur ces deux dernières contrées au moinspar l’esprit de suite et l’obstination. Joignez-y cette poli-tique plus habile qu’héroïque, qui, au moyen d’une suitede mariages, mit dans les mains de la maison d’Autrichele prix du sang des autres peuples, et lui soumit les con-quérants avec leurs conquêtes : elle acquit ainsi d’un côtéla Hongrie et la Bohème il526j, de l’autre les Pays-Bas(1481), et par les Pays-Bas, l’Espagne, Naples et l’Amé-rique (1506-1516), par l’Espagne, le Portugal et les Indesorientales (1581).
Vers la fin du quinzième siècle, la puissance impérialeétait tellement déchue que les princes de la maison d’Au-triche oublièrent le plus souvent qu’ils étaient Empereurspour ne s’occuper que des intérêts de leurs états hérédi-taires. Rien ne les écarta de cette politique qui devait tôtou tard relever dans leurs mains la puissance impérialeelle-même. Ainsi Frédéric III, toujours battu par l’électeurpalatin ou par le roi de Hongrie, ferme l’oreille aux crisde l’Europe alarmée par les progrès des Turcs. Mais il érigel’Autriche en archiduché; il lie les intérêts de sa maisonà ceux des papes, en sacrifiant à Nicolas Y la pragmatiqued’Augsbourg; il marie son fils Maximilien à l’héritière des