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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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La Suisse, séparée de l’Empire par la victoire de Mor-gaten et par la ligue de Brunnen , avait confirmé sa libertépar la défaite de Charles le Téméraire, qui apprit à l’Eu-rope féodale la puissance de l’infanterie L’alliance des Gri-sons, l’accession de cinq nouveaux cantons Fribourg, So-leure, Bâle, Schaffouse, Appenzell, 1481-1513), avaientporté la Suisse au plus haut point de grandeur. Êes bour-geois de Berne, les bergers d’Uri se voyaient caressés parles papes et courtisés par les rois. Louis XI substitua lesSuisses aux francs-archers (1480). Ils composèrent, dansles guerres d’Italie, la meilleure partie de l’infanterie deCharles VIII et de Louis XII. Dès qu’ils eurent passé lesAlpes à la suite des Français, ils furent accueillis par lepape, qui les opposait aux Français eux-mêmes et domi-nèrent un instant dans le nord de l’Italie (sous le nom deMaximilien Sforza). Après leur défaite de Marignan (1515),les discordes religieuses les armèrent les uns contre les au-tres, et les renfermèrent dans leurs montagnes.

Les deux puissances commerçantes de l’Allemagne neformaient pas un corps assez compacte pour imiter l’exem-ple de la Suisse, et se rendre indépendantes.

La ligue des villes du Rbin et de Souabe se composaitde riches cités entre lesquelles celles de Nuremberg, de Ra-tisbonne, d’Augsbourg et de Spire tenaient le premierrang. Ce sont elles qui faisaient le principal commerce parterre entre le Nord et le Midi. Arrivées à Cologne, lesmarchandises passaient entre les mains des Hanséatiquesqui les distribuaient dans tout le Nord.

La ligue Hanséatique,composée de quatre-vingts villes,occupait tous les rivages septentrionaux de l’Allemagne ets’étendait sur ceux des Pays-Bas. Elle fut jusqu’au seizièmesiècle la puissance dominante du Nord. La salle immensede Lubeck, où se tenaient les assemblées générales de laHanse, atteste encore la puissance de ses souverains. Ilsavaientuni, par d’innombrables canaux, l’Océan, la Baltiqueet la plupart des fleuves du nord de l’Allemagne. Mais leurprincipal commerce était maritime. Les comptoirs hanséa-