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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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quis, Louis XII, qui n’espérait pas conquérir le royaumede Naples malgré les Espagnols, partagea ce royaume aveceux par un traité secret. L’infortuné don Frédéric, qui ré-gnait alors, appelle les Espagnols à son secours, et lorsqu’ila introduit Gonzalve de Cordoue dans ses principales for-teresses, le traité de partage lui est signifié [1501]. Cetteodieuse conquête n’engendra que la guerre Les deux na-tions se disputèrent la gabelle qu’on levait sur les troupeauxvoyageurs qui passent, au printemps, de la Pouille dansl’Abbruzze; c’était le revenu le plus net du royaume. Ferdi-nand amusa Louis XII par un traité, jusqu’à ce qu’il eûtenvoyé des forces suffisantes à Gonzalve bloqué dans Bar-lette. L’habileté du grand capitaine et la discipline del’infanterie espagnole l’emportèrent partout sur le brillantcourage des gens d’armes français. La vaillance de Louisd'Ars et de d’Aubigny, les exploits de Bayard qui, disait-on, avait défendu un pont contre une armée, n’empêchèrentpas les Français d’être battus à Séminara, à la Cérignola,et d’être chassés pour une seconde fois du royaume deNaples par leur défaite du Garigliano [déc. 1503].

Cependant Louis XII était encore maître d’une grandepartie de l’Italie; souverain du Milanais et seigneur deGênes, allié de Florence et du pape Alexandre VI, qui nes’appuyaient que sur lui 1 , il étendait son influence sur laToscane, la Bomagne et l’État de Borne. La mort d’Alexan-dre VI et la ruine de son fils ne lui furent guère moins fu-nestes que la défaite du Garigliano. Cette puissance italiennedes Borgia, qui s’élevait entre les possessions des Françaiset celles des Espagnols, était comme la garde avancée duMilanais.

César Borgia mérita d’être l’idéal de Machiavel, nonpour s’être montré plus perfide que les autres princes decette époque; Ferdinand le Catholique eût pu réclamer;

* César Borgia de France, par la grâce de Dieu, duc de Bomagne etde Valentinois etc. (sauf-conduit du 19 octobre 1502). — Il disait àl’amWssadeur de Florence : le roi de France, notre maitre commun...(10 janvier 1503. Légation de Machiavel auprès de César Borgia.)