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« fera en sorte que les Vénitiens ne s’occupent plus quô« de la pêche; quant aux Suisses, on en est sur (22 jan-« vier]. » Cette conjuration contre Venise, qui existaitdès 1504 (Traité de Blois), fut renouvelée en 1508 (Liguede Cambrai, 10 décembre), par l’imprudence de Jules II,qui voulait à tout prix recouvrer quelques villes de Ro-magne. Le pape, l’Empereur et le roi de France offrirentau roi de Hongrie d’entrer dans la confédération pour re-prendre la Dalmatie et l’Esclavonie. Il n’y eut pas jusqu’auxducs de Savoie et de Ferrare, jusqu’au marquis de Man-toue, qui ne voulussent aussi porter un coup à ceux qu’ilsavaient craints si longtemps. Les Vénitiens furent défaitspar Louis XII à la sanglante bataille d’Aignadel [1509], etles boulets des batteries françaises volèrent jusqu’aux la-gunes. Dans ce danger, le sénat de Venise ne démentit passa réputation de sagesse. 11 déclara qu’il voulait épargneraux provinces les maux de la guerre, les délia du sermentde fidélité, et promit de les indemniser de leurs pertes auretour de la paix. Soit attachement 1 à la République, soithaine des Allemands, les paysans du Véronais se laissaientpendre plutôt que d’abjurer Saint-Marc, et de crier vivel’Empereur. Les Vénitiens battirent le marquis de Man-toue, reprirent Padoue, et la défendirent contre Maximi-lien, qui l’assiégea avec cent mille hommes. Le roi de Napleset le pape, dont les prétentions étaient satisfaites, se récon-cilièrent avec Venise, et Jules II, ne songeant plus qu’àchasser les barbares de l’Italie, tourna sa politique impé-tueuse contre les Français.
Les projets du pape n’étaient que trop favorisés par l’é-conomie mal entendue de Louis XII, qui avait réduit lespensions des Suisses, et qui ne leur permettait plus des’approvisionner dans la Bourgogne et le Milanais. Onsentit alors la faute de Louis XI, qui, en substituant auxfrancs archers l’infanterie mercenaire des Suisses, avait mis| la France à la discrétion des étrangers. Il fallut remplacerles Suisses par des landsknechts allemands, qui furent rap-pelés par l’Empereur la veille de la bataille de Ravenne,