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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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opiniâtre, se retirait lentement. Gaston sen indigna, seprécipita sur elle avec uue vingtaine dhommes darmes,pénétra dans les rangs et y trouva la mort ] 1512].

Dès lors rien ne réussit plus à Louis XII. Les Sforzafurent rétablis à Milan, les Médicis à Florence. Larméedu roi fut battue par les Suisses à Novarre, par les Anglaisà Guinegate. La France, attaquée de front par les Espagnolset les Suisses, prise à dos par les Anglais, vit ses deux alliésdEcosse et de Navarre vaincus ou dépouillés (voyez lecbap. II). La guerre navait plus dobjet. Les Suisses ré-gnaient à Milan sous le nom de Maximilien Sforza; laFrance et Venise étaient abaissées, lEmpereur épuisé,Henri VIII découragé, Ferdinand satisfait par la conquêtede la Navarre qui découvrait la frontière de France.Louis XII conclut une trêve avec Ferdinand, abjura leconcile de Pise, laissa le Milanais à Maximilien Sforza, etépousa la sœur de Henri VIII [1514]. Voyez plus bas sonadministration.

Pendant que lEurope croit la France abattue et commevieillie avec Louis XII, elle déploie des ressources inatten-dues sous le jeune François I er qui vient de lui succéder[1 er janvier 1515]. Les Suisses, qui pensent garder tous lespassages des Alpes, apprennent avec étonnement que lar-mée française a débouché par la vallée de lArgentière. Deuxmille cinq cents lances, dix mille Basques; vingt deux millelandsknechts ont passé par un défdé qui navait jamais étépratiqué que par les chasseurs de chamois Larmée fran-çaise avance en négociant jusquàMarignan :, les Suisses,quon avait crus gagnés, viennent fondre sur les Françaisavec leur piques de dix-huit pieds et leurs espadons à deuxmains, sans artillerie, sans cavalerie, nemployant dautreart militaire que la force du corps, marchant droit aux bat-teries, dont les décharges emportent des fdes entières, etsoutenant plus de trente charges de ces grands chevaux debataille couverts dacier comme les gens darmes qui lesmontaient. Le soir, ils étaient venus à bout de séparer lescorps de larmée française. Le roi, qui avait combattu vail-