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lamment, ne Voyait plus au tour de lui qu’une poignéede gens d’armes 1 . Mais pendant la nuit, les Français serallièrent, et le combat recommença au jour, plus furieuxque jamais. Enfin, les Suisses entendent le cri de guerredes Vénitiens, alliés de la France: Marco! Marco! Per-suadés que toute l’armée italienne arrivait, ils serrèrentleurs rangs et se retirèrent avec une contenance si fièrequ’on n’osa pas les poursuivre 2 . Ayant obtenu de Fran-çois 1 er plus d’argent que Sforza ne pouvait leur en donner,ils ne reparurent plus en Italie. Le pape traita aussi avec levainqueur, et obtint de lui le traité du Concordat qui abo-lissait la pragmatique-sanction. L’alliance du pape et deVenise semblait ouvrir à François I er le chemin de Naples.Le jeune Charles d’Autriche, souverain des Pays-Bas, quivenait de succéder en Espagne à son aïeul Ferdinand le Ca-tholique, avait besoin de la paix pour recueillir ce vastehéritage. François I er jouit de sa victoire au lieu de l’ache-ver. Le traité de Noyon rendit un instant le repos à l’Eu-rope, et donna aux deux rivaux le temps de préparer uneguerre plus terrible [1516].
< Fleuranges, xri= vol. de la Coll, des Mém.
2 Lettre de François F r à sa mère: « Toute la nuit dcmeurasmes lecul sur la selle, la lance au poing, l'armet à la tête..., et pour ce quej’ëtois le plus près de nos ennemis, m’a fallu faire le guet, de sorte qu’ilsne nous ont point surpris aumalin..., et croyez, madame, que nous avonsété vingt-huit heures à cheval, sans boire ni manger... Depuis deuxmille ans en ça n’a point été vue une si fière et si cruelle bataille, ainsi quedisent ceux de Ravenne, que ce ne fut au prix qu’un tiercelet..., et nedira-l-on plus que les gendarmes sont lièvres armés, car... Écrit au campde Sainte-Brigide, le vendredy, 14" jour de septembre mil cinq centquinze. » xvii" vol. de la Coll, des Mém.