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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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peaux de létranger. Personne ne remua. Les impériauxfurent repoussés au siège de Marseille; et ils ne sauvèrentleur armée épuisée que par une retraite qui ressemblait àune fuite. Au lieu daccabler les impériaux en Provence»le roi aima mieux les devancer en Italie.

A une époque de science militaire et de tactique, Fran-çois I er se croyait toujours au temps de la chevalerie. Ilmettait son honneur à ne point reculer, même pour vaincre.Il s'obstina au siège de Pavie [J525J. Il ne donna point letemps aux impériaux, mal payés, de se disperser deux-mémes. Il saffaiblit en détachant douze mille hommes versle royaume de Naples. Sa supériorité était dans lartillerie;il voulut décider la victoire par la gendarmerie, comme àMarignan; se précipita devant son artillerie et la renditinutile, j es Suisses senfuirent ; les landsknechts furentécrasés, avec la Rose blanche, leur colonel 1 . Alors tout lepoids de la bataille tomba sur le roi et sa gendarmerie. Lesvieux héros des guerres d'Italie, la Palisse et la Trémouille,furent portés par terre; le roi de Navarre, Montmorency,/Aventureux 2 , une foule dautres, furent faits prisonniers,François I er se défendait à pied : son cheval avait été tuésous lui : son armure, que nous avons encore était toutefaussée de coups de feu et de coups de piques. Heureuse-ment, un des gentilshommes français, qui avaient suiviBourbon, laperçut et le sauva ; mais il ne voulut point serendre à un traître, et fit appeler le vice-roi de Naples, quireçut son épée à genoux- Il écrivit le soir un seul mot à samère : Madame, tout est perdu, fors Vhonneur\

Charles-Quint savait bien que tout nétait point perdu,il ne s'exagéra point son succès; il sentit que la Franceétait entière et forte, malgré la perte dune armée. Il ne

1 Le duc de Sulfok. 2 Le maréchal de Fleuranges.

3 Yoy. la lettre par laquelle Charles-Quint apprend au marquis deDénia la captivité de François 1 . ( Sandoval. t. i. liv. sur, § H, p. 487,in-fol. Anvers, 1581), celle que Louise de Savoie écrività lEmpereur, enfaveur de son fils; celle de François I 1 ' 1 ' aux differents ordres de lÉtat,et lacte dabdication. 7. xxn de Collection des Mémoires, p. 89,71 et 84.