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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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songea qu’à tirer de son prisonnier un traité avantageux.François I er était arrivé en Espagne, croyant, d’après soncœur, qu’il lui suffirait de voir son bon frère pour êtrerenvoyé honorablement dans son royaume. II n’en fut pasainsi. L’Empereur maltraita son prisonnier pour en tirerune plus riche rançon. Cependant l’Europe témoignait leplus vif intérêt pour ce roi soldat 1 . Érasme, sujet deCharles-Quint, osa lui écrire en faveur de son captif. Lesnobles espagnols demandèrent qu’il fût prisonnier sur pa-role, s’offrant eux-mêmes pour caution. Ce ne fut qu’aubout d’un an, lorsque Charles craignait que son prisonnierne lui échappât par la mort, lorsque François I er eut ab-diqué en faveur du dauphin, qu’il se décida à le relâcher, enlui faisant signer un traité honteux. Le roi de France re-nonçait à ses prétentions sur l’Italie, promettait de fairedroit à celles de Bourbon, de céder la Bourgogne, de donnerses deux fils en otage, et de s’allier par un double mariage àla famille de Charles-Quint [1526].

À ce prix il fut libre. Mais il ne sortit pas tout entier decette fatale prison ; il y laissa cette bonne foi, cette confiancehéroïque, qui, jusque-là, avaient fait sa gloire. A Madridmême, il avait protesté secrètement contre le traité. Bede-venu roi, il ne lui fut pas difficile de l’éluder. Henri VIII,alarmé de la victoire de Charles-Quint, s’était allié à laFrance. Le pape, Venise, Florence, Gênes, le duc mêmede Milan, qui, depuis la bataille de Pavie, se trouvaient àla merci des armées impériales, ne voyaient plus dans lesFrançais que des libérateurs. François I e1 ' fit déclarer, parles états de Bourgogne, qu’il n’avait point le droit de céderaucune partie de la France, et lorsque Charles-Quint ré-clama l’exécution du traité, en l’accusant de perfidie, il ré-pondit qu’il en avait menti par la gorge! le somma d'as-surer le camp, et lui laissa le choix des armes 3 .

Pendant que l'Europe s’attendait à une guerre terrible,

' Expression de Montluc, parlant à François le, lui-même,, t. xxipag. 6.

8 Du Bellay, xvm, pag, 38.