Buch 
Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
Entstehung
Seite
90
JPEG-Download
 

( 90 )

corps de son manteau et de cacher ainsi sa chute. Ses soldatsne le vengèrent que trop. Sept à huit mille Romains furentmassacrés le premier jour; rien ne fut épargné, ni les cou-vents, ni les églises, ni Saint-Pierre même : les placesétaient jonchées de reliques, dornements dautels, que lesAllemands jetaient, après en avoir arraché lor et largent.Les Espagnols, plus avides et plus cruels encore, renouve-lèrent tous les jours pendant près dune année les plusaffreux abus de la victoire; on nentendait que les cris desmalheureux quils faisaient périr dans les tortures pourleur faire avouer ils avaient caché leur argent. Ils lesliaient dans leur maison, afin de les retrouver quand ilsvoulaient recommencer leur supplice.

Lindignation fut au comble dans lEurope, quand onapprit le sac de Rome et la captivité du pape. Charles Quintordonna des prières pour la délivrance du pontife, prisonnierde larmée impériale plus que de lempereur. François I ercrut le moment favorable pour faire entrer en Italie lestroupes qui, quelques mois plus tôt, auraient sauvé Romeet Milan. Lautrec marcha sur Naples, pendant que les gé-néraux impériaux négociaient avec leurs soldats pour lesfaire sortir de Rome; mais on le laissa manquer dargent,comme dans les premières guerres. La peste consuma sonarmée. Cependant rien nétait perdu, tant que lon conser-vait des communications par mer avec la France. Fran-çois I er eut limprudence de mécontenter le génois Doria,le premier marin de lépoque. Il sembloil, dit Montluc,que la mer redoutasl cet homme 1 . On lui avait retenu larançon du prince dOrange, on ne payait peint la solde deses galères, on avait nommé à son préjudice un amiral duLevant; ce qui lirritait encore davantage, cest que Fran-çois I er ne respectait point les privilèges de Gênes, et vou-lait transporter à Savone le commerce de cette ville. Aulieu de le satisfaire sur ces divers griefs, le roi donna ordrede larrêter. Doria, dont lengagement avec la France ve-

Montluc, t. xx, p. J70.