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nait d’expirer, se donna à l’Empereur, à condition que sapatrie serait indépendante, et dominerait de nouveau dansla Ligurie. Charles-Quint lui offrit de le reconnaître pourprince de Gènes, mais il aima mieux être le premier citoyend’une ville libre.
Cependant les deux partis souhaitaient la paix. Charles-Quint était alarmé par les progrès de la Réforme, et parl’invasion du terrible Soliman, qui vint camper devantVienne. François I er , épuisé, ne songeait plus qu’à s’arran-ger aux dépens de ses alliés. Il voulait retirer ses enfants,et garder la Bourgogne. Jusqu’à la veille du traité, il pro-testa à ses alliés d’Italie qu’il ne séparerait point ses inté-rêts des leurs. Il refusa aux Florentins la permission defaire une paix particulière avec l’Empereur 1 , et il signa letraité de Cambrai, par lequel il les abandonnait, eux, et lesVénitiens, et tous ses partisans, à la vengeance de Charles-Quint [1529]. Cet odieux traité bannit pour toujours lesFrançais de l’Italie. Dès lors, le principal théâtre de laguerre sera partout ailleurs, en Savoie, en Picardie, auxPays-Bas, en Lorraine.
Tandis que la chrétienté espérait quelque repos, un fléaujusque-là ignoré dépeuplait les rivages de l’Italie et de l’Es-pagne. Les Barbaresques commencèrent vers cette époqueà faire la traite tfes blancs. Les Turcs dévastaient d’abordles contrées qu'ils voulaient envahir; c’est ainsi qu’ils firentpresque un désert de la Hongrie méridionale et des pro-vinces occidentales de l’ancien empire grec. Les Tartares etles Barbaresques, ces enfants perdus de la puissance otto-mane, la secondaient, les uns à l’orient, les autres au midi,dans ce système de dépopulation. Les chevaliers de Rho-des, que Charles-Quint avait établis dans l’île de Malte,étaient trop faibles pour purger la mer des vaisseaux innom-brables dont la couvrait Barberousse, dey de Tunis et ami-ral de Soliman. Charles-Quint résolut d’attaquer le piratedans son repaire [1535]. Cinq cents vaisseaux transportèrent
Fr. Guicciardini, lib. six.