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en Afrique une armée de trente mille hommes, composéeen grande partie des vieilles bandes qui avaient fait lesguerres d’Italie. Le pape et le roi de Portugal avaient grossicette flotte. Doria y avait joint ses galères, et l’Empereur yétait monté lui-même avec l’élite de la noblesse espagnole-Barberousse n’avait point de force capable de résister à l’ar-mement le plus formidable que la chrétienté eût fait contreles infidèles depuis les croisades. La Goulette fut prise d’as-saut, Tunis se rendit, et vingt mille chrétiens, délivrés del’esclavage et ramenés dans leur patrie aux frais de l’Empe-reur, firent bénir dans toute l’Europe le nom de Charles-Quint.
La conduite de François I pr présentait une triste opposi-tion. Il venait de déclarer son alliance avec Soliman [1534].Il négociait avec les protestants d’Allemagne, avec Hen-ri VIII, qui avait répudié la tante de Charles-Quint et aban-donné l’église. Il ne tira d’aucun d'eux les secours qu’il enattendait. Soliman alla perdre ses janissaires dans les plainessans bornes de l’Asie. Henri VIII était trop occupé chez luipar la révolution religieuse qu’il opérait avec tant de vio-lence. Les confédérés de Smalkalde ne pouvaient se fier enun prince qui caressait les protestants à Dresde et les faisaitbrûler à Paris. François I er n’en renouvela pas moins laguerre en faisant envahir la Savoie et menaçant le Milanais[1535]. Le duc de Savoie, alarmé des prétentions de la mèredu roi de France ( Louise de Savoie), avait épousé la belle-sœur de Charles-Quint. Le duc de Milan, accusé par l'Em-pereur de traiter avec les .Français, avait essayé de s’endisculper en faisant décapiter sous un vain prétexte l’am-bassadeur de François 1 er . Charles-Quint annonça dansRome, en présence des envoyés de toute la chrétienté, qu’ilcomptait sur la victoire, et déclara que, « s’il n’avait pas« plus de ressources que son rival, il irait à l’instant, les« bras liés, la corde au cou, se jeter à ses pieds et im-« plorer sa pitié. » Avant d’entrer en campagne, il partageaà ses officiers les domaines et les grandes charges de la cou-ronne de France.
En effet, tout le monde croyait que François I er était