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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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les domaines royaux [1511, 1514]. François I» r établit denouvelles taxes (particulièrement en 1523), vendit et mul-tiplia les charges de judicature [1515, 1522, 1524], fondales premières rentes perpétuelles sur F hôtel—de—ville, aliénales domaines royaux [1532, 1544], enfin institua la loterieroyale [1539].

Il avait une sorte d’avantage sur Cliarles-Quint dans cettefacilité de se ruiner. Il en profita, lorsque l’Empereur eutéchoué dans sa grande expédition contre Alger [1541-42].Deux ans auparavant, Charles-Quint, passant par la Francepour réprimer la révolte de Gand, avait amusé le roi de lapromesse de donner au duc d’Orléans, son second fils,l’investiture du Milanais. La duchesse d’Élampes, quigouvernait le roi, ie voyant s’affaiblir, et craignant la hainede Diane de Poitiers, maîtresse du dauphin, s’efforçait deprocurer au duc d’Orléans un établissement indépendant,où elle pût trouver un asile à la mort de François I er . Joi-gnez à cette cause principale de la guerre l’assassinat dedeux envoyés français, qui, traversant l’Italie pour aller àla cour de Soliman, furent tués dans le Milanais par l’ordredu gouverneur impérial, qui voulait se saisir de leurs pa-piers. François I er comptait sur l’alliance des Turcs et surses liaisons avec les princes protestants d’Allemagne, deDanemark et de Suède; s’était attaché particulièrementGuillaume, duc de Clèves, en lui faisant épouser sa nièce,Jeanne d’Albret, qui fut depuis mère de notre Henri IV. Ilenvahit presque en même temps le Roussillon, le Piémont,le Luxembourg, le Brabant et la Flandre. Soliman joignitsa flotte à celle de France; elles bombardèrent inutilementle château de Nice. Mais l’odieux spectacle du croissant uniaux fleurs de lis indisposa toute la chrétienté contre le roide France. Ceux même qui jusqu’ici l’avaient favorisé, fer-mèrent les yeux sur l’intérêt de l'Europe pour s’unir àCharles-Quint. L’Empire se déclara contre l’allié des Turcs.Le roi d’Angleterre, réconcilié avec Charles depuis la mortde Catherine d’Aragon, prit parti contre François I er , quiavait donné sa fille au roi d’Écosse. Henri VIII défit Jac-ques V [1543], Charles-Quint accabla le duc de Clèvas