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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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mines de Mansfeldt, et essayèrent de se joindre à leursfrères de la Franconie [1524], Sur le Rhin, dans l’Alsaceet dans la Lorraine, dans le Tyrol, la Carinthie et la Sty-rie, le peuple prenait partout les armes. Partout ils dépo-saient les magistrats, saisissaient les terres des nobles, etleur faisaient quitter leur nom et leurs habits pour leur endonner de semblables aux leurs. Tous les princes catholi-ques et protestants s’armèrent contre eux ; iis ne tinrentpas un instant contre la pesante cavalerie des nobles, etfurent traités comme des bêtes fauves.

§ II. — Première lutte contre la Réforme.

La sécularisation de la Prusse, et surtout la révolte desAnabaptistes, donnaient à la Réforme le caractère politiquele plus menaçant. Les deux opinions averties devinrent deuxpartis, deux ligues [catholique à Ratisbonne, 1524, et àDessau; protestante à Torgau, 1526]. L’empereur obser-vait le moment d’accabler l’une par l’autre, et d’asservir àla fois les Catholiques et les Protestants. Il crut l’avoirtrouvé, lorsque la victoire de Pavie mit son rival entre sesmains. Mais, dès l’année suivante, une ligue universelle seforma contre lui dans l’Occident. Le pape et l’Italie en-tière, Henri VIII, son allié, lui déclarèrent la guerre. Enmême temps, l’élection de Ferdinand au trône de Rohêmeet de Hongrie entraînait la maison d’Autriche dans lesguerres civiles de ce royaume, découvrait, pour ainsi dire,l’Allemagne, et la mettait face à face avec Soliman.

Les progrès de la barbarie ottomane, qui se rapprochaitchaque jour, compliquaient d’une manière effrayante les af-faires de l’Empire. Le sultan Sélim, ce conquérant rapide,dont la férocité faisait frémir les Turcs eux-mèmes, venaitde doubler l’étendue de la domination des Osmanlis. Le ti-gre avait saisi en trois bonds la Syrie, l’Egypte et l’Arabie.La brillante cavalerie des Mamelucks avait péri au pied deson trône dans l’immense massacre du Caire 1 . Il avait juré

’ « Bi! c’est sultan Sélim!... » Allusion d’un poète arabe à ce massa-

cre, dans Kantimir.