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de dompter les tètes rouges *, pour tourner ensuite contreles chrétiens les forces des nations mahométanes. Un cancerle dispensa de tenir son serment. L’an 926 de THégirc[1521J , sultan Sèlim passa au royaume éternel, laissantl’empire du monde à Soliman 2 . Soliman le Magnifiqueceignit le sabre à Stamboul, la même année où Charles-Quint recevait à Aix-la-Chapelle la couronne impériale. 11commença son règne par la conquête de Belgrade et parcelle de Rhodes, les deux écueils de Mahomet II [1521-2],La seconde assurait aux Turcs l’empire de la mer dans lapartie orientale de la Méditerranée; la première leur ouvraitla Hongrie. Lorsqu’ils envahirent ce royaume, en 1526, lejeune roi Louis n’avait pu rassembler que vingt-cinq millehommes contre cent cinquante mille. Les Hongrois, qui,selon l’ancien usage, avaient ôté les éperons à celui quiportait l’étendard de la Vierge 3 , n’en furent pas moins dé-faits (à Mohacz). Louis fut tué dans la déroute, avec songénéral, Paul Tomorri, évêque de Colocza, et un grandnombre d’autres évêques qui portaient les armes dans lespérils continuels de la Hongrie. Deux rois furent élus enmôme temps, Ferdinand d’Autriche et Jean Zapoly, wai-■vvode de Transylvanie. Zapoly, n’obtenant aucun secours dela Pologne, s’adressa aux Turcs eux-mêmes. L’ambassadeurde Ferdinand, le gigantesque Hobordansc, célèbre pouravoir vaincu, en combat singulier, un des plus vaillants pa-chas, avait osé braver le sultan, et Soliman avait juré que,s’il ne trouvait pas Ferdinand devant Bude, il irait le cher-cher dans Vienne. Au mois de septembre 1529, le cercle noird’une armée innombrable enferma la capitale de l'Autriche.Heureusement une foule de vaillants hommes, allemands etespagnols, s’y étaient jetés. On distinguait don Pedro deNavarre et le comte de Salms, qui, à en croire les Alle-mands, avait pris François I er à Pavie. Au bout de vingtjours et de vingt assauts, Soliman prononça un anathèmecontre le sultan qui attaquerait de nouveau cette ville fa-
1 Les Persans sont appelés ainsi parles Turcs.
2 Épilaphe de Sélini. — 3 Isluanfi, p. 124-7.