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de Philippe IV. L’Espagne ne produisant plus de quoi ache-ter les métaux de l’Amérique, ils cessent de l’enrichir. Dëtout ce qu’on importe en Amérique, un vingtième au plusest manufacturé en Espagne. A Séville, les seize cents mé-tiers qui travaillaient la laine et la soie en 1536 sont ré-duits à quatre cents, vers 1621. Dans une même année(1609),l’Espagne chasse un million de sujets industrieux (lesMaures de Valence), et se voit forcée d’accorder une trêvede douze ans aux Provinces-Unies.
Au contraire, la France, l’Angleterre et les Provinces-Unies, prennent un accroissement rapide de population, derichesse et de grandeur.
Dès 1595, Philippe II, en fermant aux Hollandais leport de Lisbonne, les avait forcés de chercher aux Indes lesdenrées de l’Orient, et d’y fonder un empire sur les ruinesde celui des Portugais. La république fût troublée au dedanspar les querelles du stathouder et du syndic (Maurice d’O-range et Barnevelt), par la lutte du pouvoir militaire et dela liberté civile, du parti de la guerre et de celui de la paix(Gomaristes et Arminiens) ; mais le besoin de la défense na-tionale assura la victoire au premier de ces deux partis. Ilen coûta la vie au vénérable Barnevelt, décapité à soixante-dix ans [1619]-
A l’expiration de la trêve de douze ans, ce ne fut plusune guerre civile, mais une guerre régulière, une guerre sa-vante, une école pour tous les militaires de l’Europe. L’ha-bileté du général des Espagnols, le célèbre Spinola, fut ba-lancée parcelle du prince Frédéric Henri, frère et succes-seur de Maurice.
Cependant la France était sortie de ses ruines sousHenri IV. Malgré les faiblesses de ce grand roi, malgré lesfautes mêmes qu’ un examen attentif peut faire découvrir dansson règne, il n’en mérita pas moins le titre auquel il aspirait,celui de restaurateur de la France l . « Il mit tous ses soins à
1 « Si je voulois acquérir le titre d’orateur, disait-il dans l’Assemblée« des notables de Rouen, j’aurois appris quelque belle harangue, et la« prononcerons avec assez de gravité ; mais, messieurs, mon désir tend à