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policer, à faire fleurir ce royaume qu’il avait conquis : letroupes inutiles sont licenciées; l’ordre dans les financessuccède au plus odieux brigandage; il paie peu à peu toutesles dettes de la couronne sans fouler les peuples. Lespaysans répètent encore aujourd’hui qu’il voulait qu'ilseussent une poule au pot tous les dimanches, expressionstriviales, mais sentiment paternel. Ce fut une chose bien ad- .mirable que, malgré l’épuisement et le brigandage, il eût,en moins de quinze ans, diminué le fardeau des tailles dequatre millions de son temps, que tous les autres droitsfussent réduits à la moitié; qu’il eût payé cent millions dedettes. Il acheta pour plus de cinquante millions de do-maines ; toutes les places furent réparées, les magasins, lesarsenaux remplis, les grands chemins entretenus : c’est lagloire éternelle de Sully et celle du roi, qui osa choisir unhomme de guerre pour rétablir les finances de l’Etat, et quitravailla avec son ministre.
« La justice est réformée, et ce qui était beaucoup plusdifficile, les deux religions vivent en paix, au moins en ap-parence. L’agriculture est encouragée ; le labourage cl lepâturage, disait Sully, voilà les deux mamelles dont la
« des titres bien plus glorieux, qui sont de m’appeler libérateur et res-« tauratcur de cet État; pour à quoi parvenir je vous ai assemblés. Vous« sç-avez à vos dépens, comme moi aux miens, que lorsque Dieu m’a ap-te pelé à cette couronne, j’ai trouvé la France, non-seulement quas*« ruinée, mais presque perdue pour les François. Par grâce divine, par« les prières, par les bons conseils de mes serviteurs qui ne font profcs-« sion des armes; par l’épée de ma brave et généreuse noblesse (de« laquelle je ne distingue pas mes princes, pour être notre plus beau« titre, foy de gentilhomme) ; par mes peines et labeurs, je l’ai sauvée de« perte. Sauvons-la à cette heure de ruine : participez, mes sujets, à cette« seconde gloire avec moi, comme vous avez fait à la première. Je ne« vous ait point appelez, comme faisoient mes prédécesseurs, pour vous« faire approuver nies volontêz : je vous ai fait assembler pour recevoir« vos conseils, pour les croire, pour les suivre ; bref, pour me mettre en« tutelle entre vos mains ; envie qui ne prend guère aux roys, aux bar-« bes grises, et aux victorieux. Mais le violent amour que j’apporte à« mes sujets, l’extrême désir que j’ai d’ajouter deux beaux titres à celui« deroy, me fait trouver toutaiséethonorablc. Mon chancelier vous fera<( entendre plus amplement ma volonté, »