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« La cendre do Colombo ne s’intéresse plus à la gloirequ’il eut pendant sa vie d’avoir doublé les œuvres de la créa-tion; mais les hommes aiment à rendre justice aux morts,soit qu’ils se flattent de l'espérance qu’on la rendra mieuxaux vivants, soit qu’ils aiment naturellement la vérité. Ame-rico Yespucci, négociant florentin , jouit de la gloire dedonner son nom à la nouvelle moitié du globe, dans laquelleil ne possédait pas un pouce de terre : il prétendit avoir lepremier découvert le continent. Quand il serait vrai qu’ileût fait cette découverte, la gloire n’en serait pas à lui;elle appartient incontestablement à celui qui eut le génieet le courage d’entreprendre le premier voyage. » (Voltaire.)
Tandis que de hardis navigateurs poursuivent l’ouvragede Colombo, que les Portugais et les Anglais découvrentl’Amérique du Nord, et que Balboa aperçoit des hauteursde Panama l’Océan du Sud [1513], l’aveugle cupidité descolons espagnols dépeuplait les Antilles. Ces premiers con-quérants du Nouveau-Monde étaient la lie de l’ancien. Desaventuriers, impatients de retourner dans leur patrie, nepouvaient attendre les lents bénéfices de l’agriculture ou
<t plu. Les barrières de l’Océan, qui étaient fermées de chaînes si fortes,
« il l'en a donné les clefs.» Et moi, comme à demi mort, j'entendais
« pourtant toute chose; mais jamais je ne pus trouver de réponse; seu-« lement je me mis à pleurer mes erreurs. Celui qui tnc pariait, quel« qu’il fût, termina par cos paroles : ce Rassuru-toi, prends confiance;« car les tribulations des hommes sont écrites sur la pierre et sur le« marbre. ...... S’il plaisait à vos majestés de me faire la grâce d’en-
« voycr un vaisseau de plus de soixante-quatre tonneaux avec des his-« cuits et quelques autres provisions, il suffirait pour me porter en Es-« pagne moi et ces pauvres gens. Que vos Majestés m’accordent quelque« pitié. Que le cici, que la terrepleurcntpour moi.Qu’il pleure pour moi,« quiconque a delà charité, quiconque aime la vérité et la justice. Je suis« resté ici dans ces îles des Indes, isolé, malade,en grande peine, attendant« chaque jour la mort, environné d'innombrables sauvages, pleins de« cruauté, si loin des sacrements de notre sainte mère l’Eglise! je n’ai pas« unmaravédi pour faire une offrande spirituelle. Je supplie Vos Majestés« que, si Dieu me permet de sortir d’ici, elles m’accordent d’aller à« Rome et d’accomplir d’autres pèlérinages. Que la sainte Trinité leur« conserve la vie et la puissance! Donnée aux Indes dans nie de la« Jamaïque, le 7 juillet de l’an 1503 » Lettre de Colomb, réimpriméepar les soins de l'abbé Morelli, à Vassano, 1810.