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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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de lindustrie. Ils ne connaissaient dautres richesses quelor. Cette erreur coûta dix millions dhommes à lAméri-que. La race faible et molle qui occupait le pays succombabientôt à des travaux excessifs et malsains. La populationdHispaniola était réduite, en 1507, dun million dhommesà soixante mille. Malgré les ordres bienfaisants dIsabelle,malgré les efforts de Ximénès et les réclamations pathéti-ques des Dominicains, la dépopulation sétendit entre lestropiques. Personne néleva la voix en faveur des Améri-cains avec plus de courage et dopiniâtreté que le célèbreBarthélemi de Las Casas, évêque de Chiapa, le protecteurdes Indiens. Par deux fois il passa en Europe, et plaidasolennellement leur cause devant Cliarles-Quint. Le cœurse brise, lorsquon lit dans sa Destruijcion de las Indtasles traitements barbares que souffraient ces malheureux L

1 Las-Casas, Brevissima relation de la destmycion de las Indtas ,édit, de Venise, 1013. Les femmes étaient attachées au travail de laterre, les hommes à celui des mines. Les générations périssaient. Unefoule dindiens sétranglaient. Je connais un Espagnol dont la cruauté adécidé plus de deux cents Indiens à se tuer.P. 29. Il y avait un ofticierdu roi qui reçut trois cents Indiens; au bout de trois mois il lui en res-tait trente ; on lui en rendit trois cents; il les fit périr ; on lui en donnaencore, jusquà ce quil mourût et que le diable lemportât. Sans lesfrères franciscains et une sage audience qui fut établie, ils auraient dé-peuplé le Mexique comme Hispaniola.112. Au Pérou, un Alonzo San-chez rencontre une troupe de femmes chargées de vivres, qui ne s'en-fuient point et ics lui donnent; il prend les vivres et massacre les fem-mes. 58. Us creusaient des fosses, les remplissaient de pieux, et y je-taient pêle-mêle les Indiens qu ils prenaient vivanis, des vieillards, desfemmes enceintes, de petits enfants, jusquà ce que la fosse fût comblée.(il. Us traînaient des Indiens après eux pour les faire combattre contreleurs frères, et les forçaient de manger de la chair dIndien. 83. Quandles Espagnols les traînaient dans les montagnes et quils tombaient defatigue, on leur cassait les dents avec la pomme de l'épée : alors les In-diens disaient : « Tuez-moi ici, ici je veux rester mort. » 72. Un Espa-gnol allant à la chasse ne trouve rien à donner à ses chiens. Il rencontre\ une femme avec un petit enfant, prend lenfant, le taille en pièces etdistribue la chair entre ses chiens.110. Jai vu de mes yeux les Espa-gnols couper les mains, le nez et les oreilles à des hommes et à des fem-mes, sans autre motif que leur caprice; et cela dans tant de lieux ettant de fois quil serait trop long de lénumérer. Je les ai vus dresser desdogues à chasser et mettre en pièces des Indiens. Je les ai vus arracherdes enfants à la mamelle de leur mère et les Ignccr en lair de toutes