4 PRINCIPES GÉNÉRAUX,
sonnalité par l’occupation, parla création ou par lesmodifications qu’il a fait subir à leur nature primi-tive ; rapports qui résultent de l’exercice de sa vo-lonté et de ses facultés libres. Comment donc pour-rait-on, même à défaut et en l’absence de lois, lui ravirces objets sans porter atteinte à sa liberté? Liberté,propriété ! deux mots indissolublement unis, commeles idées qu’ils expriment! Libre, vous avez le droitde devenir propriétaire, purement et simplementparce que vous avez le droit d’exercer, et d’exercerà votre profit, votre volonté, votre intelligence etvos forces physiques, et de vous assimiler par là lesobjets auxquels vous appliquez ces facultés. Privédu droit de devenir propriétaire, vous n’êtes pas li-bre; car alors vous n’avez pas le droit d’exercer lesfacultés que vous avez reçues de la nature; ce quiveut, ce qui pense, ce qui agit en vous ne vous ap-partient pas. Vous ne vous appartenez pas vous-même. Vous êtes esclave.
De ces considérations découlent deux vérités. Lapremière, c’est que ce ne sont pas les lois positivesqui ont créé la propriété : elles l’ont garantie ; ellesl’ont rendue stable; elles ont procuré au droit lepouvoir de se réaliser par l’exécution effective ;elles ont armé contre l’usurpateur le propriétaireinjustement dépossédé, en lui prêtant les forcesdont la société dispose; mais elles n’ont pas créé lapropriété, qui leur est nécessairement antérieure,car elle a existé du moment où l’un des premiershommes a exercé sur la matière le premier acte de