PRINCIPES GÉNÉRAUX. 5
sa liberté : de ce moment la propriété a été forméepar la relation qu’a établie entre l’homme et la ma-tière cet exercice de sa volonté et de son activité.La seconde vérité est que, la cause de la formationde la propriété étant ainsi dans la nature de l’hommeet dans sa qualité d’être libre, intelligent et actif,la propriété est, non-seulement antérieure, maissupérieure aux lois positives, et que celles-ci n’ontpas plus le droit de supprimer la propriété quellesn’ont celui de supprimer la liberté elle-même.
Mais si la propriété est de droit naturel, commentconcilier ce principe (c’est la question indiquée aucommencement de ce chapitre) avec les modifica-tions ou règles auxquelles les lois positives ont as-sujetti l’exercice de la propriété, et particulièrementde la propriété immobilière ? Nous entrons ici dansun autre ordre d’idées.
3. L’homme n’est pas né pour lui seul commeindividu. Ses besoins, sa longue enfance, ses in-stincts, la nécessité d’établir une autorité qui assureà chacun la jouissance de ses droits privés, et à tousla jouissance de l’ordre général et delà tranquillitépublique; enfin la constitution morale de l’homme,être indéfiniment perfectible, et qui ne peut réaliserque par la civilisation cette partie de ses destinées,tout démontre qu’il est né pour l’état social.
4. Or, non-seulement pour que la société puisseavancer incessamment dans cette voie de la civili-sation, mais même pour quelle puisse subsister, ilest indispensable qu’elle ait le droit d’imposer, et