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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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i4o LA HENRIADE.

Reprend, malgré son âge, une force nouvelle.

Un seul guerrier s’oppose à ses coups menaçants:C'est unjeune héros à la fleur de ses ans,

Qui, dans cette journée illustre et meurtrière,Commençait des combats la fatale carrière;

D’un tendre hymen à peine il goûtait les appas ;Favori des amours ,iî sortait de leurs bras.

Honteux de n’être encor fameux que par ses charmes,Avide de la gloire, il volait aux alarmes.

Ce jour, sa jeune épouse, en accusant le ciel,

En détestant la ligue et ce combat mortel,

Arma son tendre amant, et, d'une main tremblante,Attacha tristement sa cuirasse pesante,

Et couvrit, en pleurant, d’un casque précieuxCe front si plein de grâce et si cher à ses yeux.

Il marche vers d’Aiïly dans sa fureur guerriere :Parmi des tourbillons de flamme, de poussière ,

A travers 1 es bl essés, les morts, et les mourants,

De leurs coursiers fougueux tous deux pressent lesflancs ;

Tous deux sur l’herbe unie, et de sang colorée,S’élancent loin des rangs, d’une course assurée :Sanglants, couverts de fer, et la lance à la main,I)’un choc épouvantable ils se frappent soudain.

La terre en retentit, leurs lances sont rompues :Comme en un ciel brûlant deux effroyables nues ,Qui, portant le twnnerre et la mort dans leurs flancs,Se heurtent dans les airs, et volent sur les vents :

De leur mélange affreux les éclairs rejaillissent ;

I^a foudre en est formée, et les mortels frémissent.Mais loin de leurs coursiers, par un subit effort,

Ces guerriers malheureux cherchent une autre mort ;