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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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CHANT VIII.

A la main qu’il connaît soumet sa tête horrible,

Le suit d’un air affreux, le flatte eu rugissant,

Et paraît menacer, même en obéissant.

Mayenne cependant, par une fuite prompte ,

Dans les murs de Paris courait cacher sa honte.

Henri victorieux voyait de tous côtésLes ligueurs sans défense implorant ses bontés.

Des cieux eu ce moment les voûtes s’entr’ouvrirent:Les mânes des Bourbons dans les airs descendirent.Louis au milieu d’eux, du haut du firmament,

Vint contempler Henri dans ce fameux moment,t , Vint voir comme il saurait user de la victoire ,

Et s’il achèverait de mériter sa gloire.

Ses soldats près de lui, d’un œil plein de courroux,Regardaient ces vaincus échappés à leurs coups.

Les captifs, en tremblant, conduits en sa présence,Attendaient leur arrêt dans un profond silence ;

Le mortel désespoir , la honte, la terreur,

Dans leurs yeux égarés avaient peint leur malheur.Bourbon tourna sur eux des regards pleins de grâce,Où régnaient à la fois la donceur et l'audace :

Soyez libres, dit-il ; vous pouvez désormaisg Rester mes ennemis, ou vivre mes sujets.

Entre Mayenne et moi reconnaissez un maître ;Voyez qui de nous deux a mérité de l’être :

Esclaves de la ligue, ou compagnons d’un roi,

Allez gémir sous elle, ou triomphez sous moi:Choisissez. A ces mots d’un roi couvert de gloire,Sur un champ de bataille, au sein de la victoire,

On voit en un moment ces captifs éperdusContents de leur défaite, heureux d’être vaincus :