*47
CHANT VIII.
A la main qu’il connaît soumet sa tête horrible,
Le suit d’un air affreux, le flatte eu rugissant,
Et paraît menacer, même en obéissant.
Mayenne cependant, par une fuite prompte ,
Dans les murs de Paris courait cacher sa honte.
Henri victorieux voyait de tous côtésLes ligueurs sans défense implorant ses bontés.
Des cieux eu ce moment les voûtes s’entr’ouvrirent:Les mânes des Bourbons dans les airs descendirent.Louis au milieu d’eux, du haut du firmament,
Vint contempler Henri dans ce fameux moment,t , Vint voir comme il saurait user de la victoire ,
Et s’il achèverait de mériter sa gloire.
Ses soldats près de lui, d’un œil plein de courroux,Regardaient ces vaincus échappés à leurs coups.
Les captifs, en tremblant, conduits en sa présence,Attendaient leur arrêt dans un profond silence ;
Le mortel désespoir , la honte, la terreur,
Dans leurs yeux égarés avaient peint leur malheur.Bourbon tourna sur eux des regards pleins de grâce,Où régnaient à la fois la donceur et l'audace :
Soyez libres, dit-il ; vous pouvez désormaisg Rester mes ennemis, ou vivre mes sujets.
Entre Mayenne et moi reconnaissez un maître ;Voyez qui de nous deux a mérité de l’être :
Esclaves de la ligue, ou compagnons d’un roi,
Allez gémir sous elle, ou triomphez sous moi:Choisissez. A ces mots d’un roi couvert de gloire,Sur un champ de bataille, au sein de la victoire,
On voit en un moment ces captifs éperdusContents de leur défaite, heureux d’être vaincus :